Fibromyalgie - maux de tête et troubles dentaires

Vous avez « mal partout » - Vous êtes fatigué(e) - Votre sommeil est perturbé : Vous avez peut-être une fibromyalgie. Surveillez vos dents et l’équilibre de votre mâchoire, insiste le Dr Sandy COHEN - chirurgien dentiste à Paris.
 
La fibromyalgie atteint un nombre très important de personnes : plus de 2 % de la population, avec une très grande prédominance féminine. Elle toucherait près de 2 millions de personnes en France, sans compter les nombreux cas non diagnostiqués.
Le patient a un seuil de tolérance à la douleur anormalement bas avec augmentation de perception de la douleur.
La douleur musculaire, diffuse et persistante est le symptôme majeur et constant. Elle prédomine à certains endroits du corps, le plus souvent dans la région cervicale et dorsale haute, sans toutefois exclure les autres parties du corps de la tête aux pieds.  
 
Elle est associée à une fatigue rebelle dès le matin, à un sommeil perturbé, non réparateur et altère la qualité de vie. 
 
D’autres troubles peuvent être ressentis, mais dans une fréquence moindre :
-des maux de ventre par colopathie fonctionnelle ;
-des maux de tête d’origine cervicale, de tension ou des vraies migraines, parfois intriquées ;
-des douleurs des articulations des mâchoires ;
-des troubles de la mémoire et un manque de concentration ;
-une sensation de raideur matinale ;
-des crampes musculaires nocturnes ;
-un « syndrome sec » avec sécheresse de la bouche ;
-une baisse de la libido souvent associée à une sècheresse vaginale ;
-enfin, une sensation de brûlure, d’engourdissement, de fourmillements, de décharges électriques ou de picotements (qui ressemblent à des douleurs neuropathiques par « lésion nerveuse »).

 
Douleurs diffuses 100 %
Fatigue 90 %
Troubles du sommeil 90 %
Maux de tête 50 %
Colopathie fonctionnelle 50 %
Troubles de mémoire et de concentration    50 à 60 %
Douleurs des articulations des mâchoires       50 à 80 %
 
Les douleurs des mâchoires sont fréquentes et parfois précoces. Elles sont associées à des contractures des muscles masticateurs et parfois à un bruit articulaire (claquement ou craquement) lors des mouvements d’ouverture ou de fermeture de la bouche. Elles sont souvent accompagnées de serrement (le plus souvent diurne) ou de grincement (le plus souvent nocturne) des dents appelé bruxisme qui ne fera qu’aggraver les troubles du sommeil. 
Cette dysfonction temporo-mandibulaire peut alors provoquer des troubles de la posture qui vont se traduire par des douleurs cervicales, des maux de tête puis en cas de « terrain prédisposant » par un tableau douloureux diffus avec fatigue et sommeil perturbé. 

IMPORTANCE DU STRESS EXCESSIF.
 
Le stress mal géré est un facteur prédisposant, déclenchant et aggravant de la fibromyalgie.
Les personnes qui sont atteintes par ce syndrome sont anxieuses, émotives ou trop sensibles mais n’étaient pas initialement déprimées. Cependant, on trouve souvent, à l’interrogatoire, un antécédents dépressif plus ou moins lointain, parfois une négligence affective ou de la maltraitance dans l’enfance. 
A l’occasion d’un petit incident traumatique ou psychologique, il peut y avoir une                       «  réactivation » des traumatismes stressants anciens qui resurgissent du passé.
Il n’y a pas de profil psychologique particulier, mais avant la survenue des douleurs, il s’agissait souvent de personnes actives, dévouées, combatives, même perfectionnistes mais avec une fragilité émotionnelle, un manque de confiance en soi et/ou un besoin de reconnaissance. 
 
Il faut cependant noter que les douleurs chroniques, l’insomnie et la fatigue peuvent provoquer des troubles dépressifs. Cette dépression réactionnelle va aggraver la sensation douloureuse et les contractures musculaires. Dans la fibromyalgie, la composante dépressive est donc une conséquence et non la cause. 
 
L’examen clinique est rassurant en dehors de la présence à la palpation de points douloureux disséminés dans des zones anatomiques spécifiques dans les muscles et les tendons.
 
LES TROUBLES DE L'ARTICULATION DES MACHOIRES.
 
Ils font partis de l’ADAM (algie et dysfonction de l’appareil manducateur).
 
Un dysfonctionnement ostéomusculaire des articulations temporo-mandibulaires (atm), autrement dit de la mâchoire, causé par une malocclusion dentaire peut entretenir ou aggraver les douleurs musculaires diffuses et souvent cervico-crâniennes de la fibromyalgie. Cette mauvaise occlusion peut être provoquée par des extractions dentaires non compensées, des prothèses inadaptées, un traitement d’orthodontie trop brutal, un traumatisme ou par un bruxisme.
 
Les examens biologiques et les radiographies ne révèlent rien. Ils ne servent qu’à éliminer les autres maladies responsables de douleurs chroniques. La fibromyalgie reste un diagnostic d’élimination.
 
LA PRISE EN CHARGE PRECOCE ET MULTIDISCIPLINAIRE.
 
Il faut « écouter, croire, nommer, expliquer et rassurer » le patient. 
(L’affirmation du diagnostic « fibromyalgie », s’il est bien expliqué et dédramatisé, est plutôt bénéfique). 
Cette prise en charge associe des:
  • Traitements médicamenteux : antalgiques, antidépresseurs ou antiépileptiques pour leur action propre sur la douleur chronique, somnifères aux effets sédatifs brefs, vitamine D, magnésium…
  • Injections locales superficielles au niveau des points douloureux notamment au niveau des articulations des mâchoires, et
  • Méthodes non médicamenteuses : rééducation, soutien psychologique, relaxation, traitement d’une mauvaise occlusion dentaire…. 
 
LES TRAITEMENTS D'UNE DYSFONCTION DES ARTICULATIONS DES MACHOIRES.
 
  •  Les différents traitements d’une mauvaise occlusion dentaire peuvent améliorer les divers symptômes de la fibromyalgie :
    -Port d’une gouttière occlusale réalisée sur mesure qui favorise la détente des muscles masticateurs. Une autre solution plus confortable consiste en la confection d’une mini gouttière (le NTI-tss) qui n‘englobe que les dents antérieures.
    -Modification du relief d’une ou plusieurs dents par un meulage ou une addition de résine pour rétablir un engrènement normal entre les dents.
    -Mise en place de bridges ou d’implants pour compenser des extractions dentaires,
    -Extraction d’une dent de sagesse.
    -Kinésithérapie ou ostéopathie maxillo-faciale visant à une relaxation des muscles masticateurs....
  •  Le chirurgien dentiste prendra en charge un bruxisme et/ou une infection dentaire associée. 
  •  Pour certains, dépose avec précaution des amalgames dentaires (ou « plombages ») pour une éventuel risque d’intoxication métallique, notamment au mercure ! Ils seront alors au mieux remplacés par des inlays.
 
 
Le but étant de soulager le patient afin de faciliter sa réinsertion socio-professionnelle et la reprise de l’activité physique. En effet, une activité physique douce et régulière tient une place privilégiée pour améliorer à long terme ce syndrome « invisible ».